Juridique

SAP propose une licence au volume pour les accès indirects

SAP propose une licence au volume pour les accès indirects
Gianmaria Perancin, président de l'USF et du réseau Sugen, émet certaines réserves sur le nouveau modèle de tarification des accès indirects aux logiciels SAP. (Crédit : D.R.)

SAP présente son nouveau modèle de licence pour les accès indirects à ses logiciels depuis une application tierce, un bot ou un dispositif IoT. Ainsi que l'éditeur l'avait déjà décrit en mai 2017, celui-ci sera basé sur le nombre de documents générés dans son ERP. Consultés pour élaborer ce modèle de facturation, les clubs utilisateurs, dont l'USF en France, apprécient cette évolution mais souhaitent néanmoins poursuivre les travaux avec l'éditeur allemand sur ce sujet.

PublicitéPresque un an après s'être engagé à modifier sa politique de facturation sur les accès indirects à ses logiciels, à la suite du procès retentissant qui l'a opposé au groupe de spiritueux Diageo, SAP vient de décrire dans les grandes lignes le modèle qu'il a décidé de mettre en place sur la vente, l'audit et la tarification de ces accès indirects. Cette dernière est basée sur le nombre de documents générés dans l'application de gestion fournie par SAP. Si l'éditeur allemand ajoute que cette approche a été élaborée en consultant les associations représentant ses clients - dont DSAG, ASUG, USF et Sugen - Gianmaria Perancin, président du club des utilisateurs francophones (USF), modère de son côté le propos en estimant qu'il s'agit d'une première réponse qui « doit rapidement en appeler d'autres ».

Egalement président du réseau Sugen qui réunit les responsables des clubs d'utilisateurs SAP au niveau mondial, Gianmaria Perancin estime en effet que « si ce nouveau modèle de licence présente l'avantage d'une clarification pour les nouveaux clients SAP, il ne répond cependant pas aux problématiques des clients existants, déjà confrontés à des « accès indirects » non prévus dans leur contrat », indique-t-il dans un communiqué envoyé aujourd'hui. En résumé, SAP distingue donc d'une part les accès à ses logiciels qui se font de façon directe, par un utilisateur, et dont la licence sera toujours facturée en fonction du nombre d'utilisateurs. D'autre part, les licences facturées pour les accès indirects, qui se font à partir d'un logiciel tiers, d'un robot logiciel ou d'un dispositif IoT, seront quant à elle basées sur les transactions ou sur les documents traités par le système. Ce dernier modèle concerne les accès à S/4HANA, S/4HANA Cloud et aux applications ERP traditionnelles. L'éditeur allemand propose à ses clients existants de choisir de conserver l'actuel modèle de licence qui leur est appliqué ou bien d'évoluer vers le nouveau modèle en fonction de ce qui convient le mieux aux solutions SAP qu'ils utilisent et aux transformations numériques qu'ils ont engagées.

Séparation des équipes de vente et d'audit

SAP modifie par ailleurs son organisation en séparant les équipes commerciales qui vendent ses logiciels et les équipes chargées des audits de licence. L'éditeur admet que les discussions ont quelquefois été rudes avec ses clients pour « réconcilier les anciens accords commerciaux avec les exigences et la production des activités numériques modernes ». Il concède que dans le contexte de discussions liées à l'achat de nouveaux logiciels, cela peut générer de la frustration chez les clients. La nouvelle organisation va donc permettre aux deux types de discussions de se faire de façon indépendante. L'USF dit se réjouir de la séparation des forces de vente et des audits de licence. Le club utilisateurs « veillera à ce que les audits n'influencent plus la relation et ne soient plus utilisés par la force de vente comme des leviers commerciaux ».

Publicité Enfin, pour que les clients soient en mesure de choisir le modèle de facturation qui leur convient, SAP prévoit de proposer des fonctionnalités en self-service qui leur permettront de mesurer l'usage et la consommation qu'ils font de leurs logiciels SAP. Une disposition que l'USF juge essentielle, estimant « effectivement indispensable que les clients puissent évaluer ce nouveau modèle avant de l'adapter en toute confiance et sans surprise, notamment avant de basculer sur une solution S/4HANA pour laquelle le nouveau modèle deviendrait automatiquement applicable », note le club utilisateurs francophones dans son communiqué.

Les tarifs n'ont pas encore été communiqués

Cela dit, aucun tarif n'a encore été communiqué par SAP pour les licences de ces accès indirects auxquelles s'ajoutera l'habituel coût de la maintenance associée. Cette maintenance devrait être facturée 22% (Standard Enterprise Support) du coût des licences qui seront calculés en fonction du volume de documents traités. Le président de l'USF attend lui-même de connaître les tarifs pour exprimer une opinion plus tranchée sur ce point. Les licences pour les accès indirects devraient être calculées sur les lignes de documents créées sur une année par les clients, avec application d'un coefficient multiplicateur selon le type. Si les clients créent chaque année le même volume de documents, ils ne devraient pas acquérir de licences supplémentaires d'une année sur l'autre. S'ils augmentent leur production de lignes, ils devront alors acquérir des licences au prorata.

Pour adopter ce modèle sans crainte, il convient que les clients puissent savoir à l'avance vers quoi ils s'engagent. Cela risque sinon d'être un frein important à son adoption, ainsi que le fait remarquer l'USF. « Nous veillerons à ce que ce nouveau modèle reste toujours un choix », pointe son président Gianmaria Perancin. « Nous ne pourrons pas le pousser auprès de nos utilisateurs tant que ce risque (de surcoût soudain) ne sera pas écarté de manière claire et irrévocable par SAP. Le débat sur les « accès indirects » SAP est loin d'être clos », conclut-il. Dans ce contexte, l'USF lance donc une mission de décryptage et d'analyse de ce nouveau modèle de licence SAP. Celle-ci sera pilotée par l'ancien président de l'USF, Patrick Geai.

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