Pour renouveler son parc de smartphones, le Crédit Agricole Aquitaine déploie une démarche écoresponsable

Pour remplacer une flotte de 2000 smartphones en voie d'obsolescence, le Crédit Agricole d'Aquitaine a mis en oeuvre une démarche écoresponsable avec l'appui de CHG-Meridian, afin de réduire au maximum l'empreinte carbone du projet.
PublicitéLe Crédit Agricole Aquitaine est l'une des 39 caisses régionales du groupe Crédit Agricole. Il compte 2660 employés et s'appuie sur un réseau de plus de 240 agences. En 2021, la banque a dû renouveler un parc de 2000 terminaux mobiles en voie d'obsolescence. Pour répondre à ses objectifs RSE (responsabilité sociétale des entreprises), la caisse régionale a souhaité limiter au maximum l'impact environnemental de ce projet. Dans ce but, le service Technologies accompagné par la RSE et le service Achats a travaillé à la fois sur le choix des terminaux, les usages et le cycle de vie des équipements, optant également pour un modèle de financement écoresponsable proposé par CHG-Meridian.
« Nous avions une flotte de 2000 smartphones à renouveler, car ils avaient presque cinq ans et devenaient obsolètes en termes de logiciels et de sécurité », explique Christophe Delaurens, responsable RSE au Crédit Agricole Aquitaine. En outre, comme les collaborateurs avaient été équipés de façon progressive, le parc était assez hétérogène. Le service Technologies avait donc aussi comme objectif d'unifier la flotte. Enfin, en 2021 le Groupe Crédit Agricole et toutes les caisses régionales se sont engagés dans la Net Zero Banking Alliance. Cette alliance réunit plus d'une centaine de banques, qui visent la neutralité carbone en 2050, pour elles et leurs clients. Pour y parvenir, le groupe et ses différentes caisses se sont fixé des objectifs intermédiaires. Le Crédit Agricole Aquitaine souhaite ainsi réduire de 30% son empreinte carbone d'ici 2030, ce qui implique d'intégrer également ces exigences environnementales dans chaque décision et chaque projet, tel le renouvellement de sa flotte de smartphones.
Tenir compte de l'impact environnemental de la fabrication
« Notre objectif d'ici 2030 est de doubler la durée de vie de nos équipements matériels », affirme Christophe Delaurens. Dans ce but, l'un des critères du service Technologies était d'avoir un contrat de maintenance sur au moins cinq ans. Le choix des terminaux entrait également dans la balance, les téléphones ayant un impact environnemental important. « Un principe général dans notre politique RSE est de viser des matériels à faibles émissions de GES (gaz à effet de serre), car une grande partie des émissions du numérique vient des matériels, en particulier de la fabrication », indique Christophe Delaurens. « Nous avions déjà des critères RSE sur l'empreinte carbone du transport dans notre politique d'achats, en essayant de privilégier des produits fabriqués localement - même si sur le numérique c'est plus difficile. Depuis 2021, nous avons rajouté des critères d'empreinte carbone sur la production, en demandant aux fournisseurs d'expliciter leurs émissions dans les appels d'offres. Ces critères pèsent environ 20% dans le choix des fournisseurs » poursuit le responsable RSE.
PublicitéToutefois, sur les smartphones, la tâche s'est révélée ardue. « L'une des grosses difficultés est qu'on ne peut pas trouver pour l'instant les facteurs d'émission de GES sur les équipements matériels, hormis chez quelques fabricants qui fournissent ces informations », observe le responsable RSE. En amont, une étude a donc été réalisée en se basant sur les chiffres disponibles sur le marché, afin de déterminer les critères génériques les plus importants sur l'impact environnemental des smartphones, parmi différents paramètres comme la taille des écrans ou les batteries. Cette analyse a montré que la taille des écrans était l'un des facteurs pesant le plus lourd. « Plus les écrans sont petits, mieux c'est », insiste-t-il. Le projet de renouvellement comportait bien entendu aussi des critères de coût, ainsi que des contraintes classiques de compatibilité technique. « Il nous fallait des terminaux sous Android, car nos applications métiers stratégiques tournent sur ce système d'exploitation, notamment pour l'entrée en relation avec les clients ou le conseil financier », mentionne Christophe Delaurens. Sur la base de ces critères, le service Technologies s'est orienté vers des terminaux Samsung Galaxy A32, pour avoir la plus petite taille d'écran possible par rapport aux besoins des utilisateurs, ainsi qu'une mémoire raisonnable. A cette occasion, il a été également possible échanger avec Samsung France pour expliquer les attentes et les objectifs RSE de la banque, et ce que cela implique pour ses fournisseurs.
Agir sur le financement et sur les usages
Le service Achats du Crédit Agricole Aquitaine a ensuite lancé un appel d'offres auprès de six prestataires pour la mise à disposition des équipements. Parmi les différentes propositions, la banque a retenu celle de CHG-Meridian, qui incluait la location des terminaux, la maintenance et la gestion de la fin de vie des terminaux. La société proposant également de compenser les émissions de carbone liées au projet, le Crédit Agricole Aquitaine en a profité pour améliorer l'impact climatique de son projet. Une centrale photovoltaïque en Namibie est ainsi soutenue. « La compensation en tant que telle n'est pas un but, l'objectif est bien de diminuer nos émissions », rappelle toutefois le responsable RSE. Enfin, la banque a également apprécié qu'en tant que fournisseur, CHG-Meridian mène également une réflexion similaire sur son propre impact.
Le service Technologies s'est aussi penché sur les usages. Sur ce volet, les émissions proviennent principalement de la consommation d'électricité, dont la banque espère voir la production se décarboner progressivement, même si elle détient déjà un contrat d'électricité renouvelable. « Nous avons opté pour des forfaits limités à 5 Go de données, car nos collaborateurs n'en utilisent pas davantage », décrit le responsable RSE. « Nous avons également autorisé l'usage de la double SIM, afin que les employés qui le souhaitent puissent se passer de leur téléphone privé ou éviter de le renouveler », poursuit-il. Pour transmettre les nouveaux équipements aux employés dans les 240 agences, la banque a utilisé son service de courrier interne, de façon à limiter l'impact du transport. Elle a également profité de ce renouvellement pour communiquer sur les aspects RSE auprès des utilisateurs. « Nous avons expliqué le processus et les choix qui ont été faits. Nous avons aussi présenté la possibilité de double SIM et partagé différentes bonnes pratiques, par exemple pour réduire la consommation de la batterie », relate Christophe Delaurens. Enfin, les anciens terminaux ont été récupérés afin de favoriser au maximum leur réutilisation. Environ 1600, qui étaient en location, ont été retournés afin d'être remis sur le marché, tandis que les 400 restants ont été reconditionnés ou confiés à ATF Gaia pour le recyclage.
Une démarche collective et de long terme
Le projet s'inscrit dans un effort collectif porté par l'ensemble du groupe Crédit Agricole pour réduire les émissions liées au numérique. Sur ce sujet, les caisses régionales travaillent avec les achats groupe, ainsi qu'avec CAGIP (Crédit Agricole Group Infrastructure Platform) et CATS (Crédit Agricole Technologie et Services), les deux entités du groupe chargées du digital et des systèmes d'information, qui ont également engagé des politiques écoresponsables. Il s'agit par exemple de développer des logiciels moins consommateurs d'énergie, d'optimiser les serveurs afin de réduire leur nombre et leur consommation d'énergie, ou encore de s'attaquer à l'obsolescence. Néanmoins, Christophe Delaurens fait observer que si le numérique doit se décarboner, il représente en même temps un levier pour réduire d'autres émissions de GES, grâce au travail à distance ou à la dématérialisation par exemple. Il convient donc d'aborder le sujet avec une approche globale.
Selon le responsable RSE, les efforts entrepris commencent à se voir, avec une baisse des émissions, mais ce sont des démarches de longue haleine. « Ne serait-ce qu'en cherchant à augmenter la durée de vie du matériel, les gains sur la consommation de ressources et de CO2 sont importants », illustre-t-il. Il pointe également une problématique fréquente avec le matériel, notamment celui développé pour le grand public, comme les smartphones. « Les nouveaux modèles s'inscrivent dans une tendance générale d'augmentation des performances, par exemple avec l'ajout de capteurs optiques ou de microprocesseurs supplémentaires. Or, en tant qu'utilisateurs professionnels, ces capacités sont souvent surdimensionnées par rapport à nos besoins, qui consistent pour l'essentiel à téléphoner et consulter la messagerie », observe le responsable RSE. Selon ce dernier, il est possible de valoriser d'autres dimensions que la performance pure, telles que la simplicité, la réparabilité ou la réduction de la consommation, mais l'idéal serait des équipements qui ne tombent pas en panne. La complexification des équipements entraîne en effet des problématiques de fiabilité et de durabilité, ainsi que de maintien de la sécurité.
« Il faut se poser ces questions, mais c'est une réflexion de long terme, alors que l'urgence climatique est déjà là », rappelle pour finir Christophe Delaurens. Pour le Crédit Agricole Aquitaine, implanté en Gironde, dans les Landes, le Lot-et-Garonne et une partie du Gers, le sujet a en effet pris une acuité particulière avec les différents événements qui ont frappé récemment ces départements. « Le changement climatique, nous le vivons déjà. Nous commençons à en subir les conséquences, à travers la grêle, la canicule, les incendies, les inondations, les épizooties ou la sécheresse. C'est pour cela qu'il est important de tous nous mobiliser pour réduire nos impacts : fabricants, utilisateurs et médias », invite le responsable RSE.
Article rédigé par

Aurélie Chandeze, Rédactrice en chef adjointe de CIO
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