L'USF s'est imposé comme le seul club d'utilisateurs SAP dans l'espace francophone

Passage de relai à l'USF (Utilisateurs de SAP Francophones) : Patrick Geai a succédé à Claude Molly-Mitton comme président.
PublicitéCIO : Après presque huit ans de mandat (à trois mois près), Claude Molly-Mitton vient donc de céder la place à Patrick Geai. Qu'est-ce qui a changé au cours de ces huit ans ?
Claude Molly-Mitton : Il y a huit ans, des mots importants aujourd'hui n'étaient pas prononcés, soit parce que le concept n'existait pas, soit parce que les entreprises ne se sentaient pas encore concernées ou, en tous cas, ne les voyaient pas comme des priorités : cloud, IA, IoT, Hana... sans oublier accès indirect ou audits de licence (du moins dans l'environnement SAP). Par contre, on parlait de maintenance.
A l'inverse, certaines préoccupations n'ont pas changé. Ainsi, nous tenons à poursuivre une forte professionnalisation de nos événements, ce qui a été jusqu'à présent un succès. Je me souviens d'années où nous ne parvenions pas à vendre tous les stands de la Convention. Cette année, nous n'avions plus de stands disponibles deux minutes après l'ouverture des mises en vente... La Convention, à l'automne, s'est clairement imposée comme l'événement de référence de la communauté SAP en France. C'est d'ailleurs le plus gros relativement à la taille des marchés et le deuxième en absolu en Europe derrière l'Allemagne.
Patrick Geai : Il ne fait pas de doute qu'au cours des huit années de mandat de Claude Molly-Mitton l'USF a beaucoup progressé. Et je tiens donc à saluer son travail.
CIO : Puisqu'il semble si simple d'accroître le nombre de sponsors de la Convention, pourquoi ne pas le faire ?
Patrick Geai : Notre volonté est de ne pas accroître le nombre de partenaires pour éviter le déséquilibre partenaires/clients. Au contraire, nous cherchons à faire venir davantage de clients afin d'augmenter encore la qualité de l'événement.
CIO : Pourquoi, Claude Molly-Mitton, quitter votre mandat trois mois avant son échéance ?
Claude Molly-Mitton : Lors du prochain renouvellement, au Printemps de l'USF, je n'appartiendrai plus au Conseil d'Administration. J'ai donc anticipé mon départ pour faire la transition sur trois mois. De plus, notre exercice comptable suit l'année calendaire et il était plus logique que je n'engage pas le budget de l'année à venir.
CIO : Quelle va être la ligne défendue pour les années à venir ?
Patrick Geai : Je me place dans la continuité de Claude Molly-Mitton. Notre objectif demeure de développer encore et encore la valeur pour nos membres. Cela passe par plusieurs axes.
Tout d'abord, nous voulons renforcer nos travaux communs avec SAP, aussi bien en France qu'à Walldorf, tout en restant évidemment très vigilants sur la politique commerciale et tarifaire. En particulier, nous sommes très attentifs au nouveau modèle de licencing en cours de mise au point.
Ensuite, nous voulons intensifier les collaborations avec les autres associations du secteur. Bien entendu, il s'agit du Cigref, de l'AFAI... sans oublier les clubs homologues de l'USF pour les autres éditeurs : le Dynsclub (Microsoft Dynamics), l'AUFO/U-JDE/U-Peoplesoft (Oracle). Pour ces clubs d'utilisateurs, l'idée est de travailler ensemble autour de problématiques communes telles que le cloud. Avec le Cigref, nous avons produit des livrables en 2011, 2013 et 2016.
PublicitéClaude Molly-Mitton : En 2010, l'objectif était de créer de telles relations.
Patrick Geai : De la même façon, nous voulons intensifier nos relations avec les autres clubs d'utilisateurs SAP dans le monde. L'un de nos vice-présidents, Gianmaria Perancin est d'ailleurs aujourd'hui le président du SUGEN, le réseau des responsables de clubs d'utilisateurs SAP.
Enfin, nous voulons réorganiser nos commissions et groupes de travail. En effet, l'offre SAP bouge beaucoup (S/4, cloud...) et il faut nous adapter.
Claude Molly-Mitton : En 2010, l'USF était le club des utilisateurs de l'ERP SAP. SAP venait tout juste de racheter BO. C'était son premier rachat et cela aurait pu être le seul puisque SAP avait passé son temps à se moquer de la stratégie de croissance externe de son concurrent Oracle. Or, depuis, il y a eu Concur, Ariba, Success Factor... Certains produits ont été rachetés pour leur technologie et la marque associée a disparu : OutlookSoft, Kxen...
La question, à l'époque, était donc de savoir s'il fallait un club par ligne de produits ou bien un club unique. La logique a été, pour l'USF, de constituer un club unique car tout est intégré. Aujourd'hui, c'est évident que c'était la bonne voie. Mais pas en 2010.
CIO : L'USF a un grand rôle d'influence auprès de SAP. Quels sont les enjeux des années à venir ?
Patrick Geai : Les enjeux techniques et commerciaux sont très liés. La stratégie de SAP se centre sur S/4 Hana et donc sur la bascule d'ECC vers S/4. Or ce n'est pas une migration technique. Il faut remettre à plat les processus et refaire un projet complet. Mais, avant de se lancer, toutes les entreprises vont se poser la question du business plan associé. Et, de ce fait, elles se poseront aussi forcément la question du remplacement de SAP par autre chose. ECC est garanti jusqu'en 2025, ce qui nous laisse un peu de temps.
Comment va évoluer le licencing ? C'est une grande question sur laquelle nous n'avons pas vraiment de réponse à ce jour.
CIO : Quel est aujourd'hui la pénétration de l'USF parmi les clients de SAP ? Avez-vous un objectif en la matière ?
Claude Molly-Mitton : Nous avons toujours connu un nombre de membres en croissance tous les ans, plus ou moins, mais toujours en croissance. Par contre, nous n'avons jamais eu ni chiffres ni noms de clients SAP en France. Nous savons que nous avons une bonne pénétration sur les clients de grandes tailles équipés en ERP. Mais c'est tout. Et côté BO, Ariba, etc. nous en savons encore moins.
Patrick Geai : Accroître notre pénétration n'est pas un objectif en lui-même. Notre objectif est de développer la valeur délivrée à nos membres. Et le nombre de membres suivra. Tous nos travaux sur le licencing, par exemple, nous ont amené beaucoup de membres.
Claude Molly-Mitton : La valeur sert déjà à fidéliser... La multiplication des livres blancs que nous publions joue effectivement beaucoup dans cette fidélisation, notamment pour ceux qui s'intéressent à un sujet mais n'ont pas pu assister aux groupes de travail.
Patrick Geai : En effet, nous voulons d'abord fidéliser. Attirer de nouveaux membres ne vient qu'en second.
CIO : Quelle va être l'actualité de l'USF en 2018 ?
Patrick Geai : Tout d'abord, le 22 Mars, nous organisons comme tous les ans notre Printemps. C'est au cours de cette journée qu'a lieu notre Assemblée Générale. Parmi les thèmes que nous aborderons, il y aura le RGPD sous différents angles (juridique, technique...) avec intervention d'extérieurs tels que l'AFAI. Un autre point sera réalisé sur l'évolution du sujet de la migration S/4.
La troisième édition de notre enquête bisannuelle de satisfaction vis-à-vis de l'éditeur SAP se terminera en juin. Les résultats seront bien sûr publiés lors de la Convention.
Et, donc, le troisième temps fort sera notre Convention annuelle. Celle-ci se déroulera les 10 et 11 octobre à Lyon.
Article rédigé par

Bertrand Lemaire, Rédacteur en chef de CIO
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