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En finir avec l'obsession des DSI sur les millenials

En finir avec l'obsession des DSI sur les millenials
Clay Johnson, DSI de Walmart, laisse les employés utiliser Slack ou Facebook Workplace sans critères d'âges. (Crédit Photo : Walmart)

La génération « millénial » a sans conteste bouleversé la façon de travailler et a poussé les DSI à revoir les outils et les solutions pour accompagner cette évolution. Mais plusieurs personnes alertent sur le fait de ne pas oublier les autres générations notamment les plus jeunes qui ont d'autres méthodes de travail.

PublicitéElle a souvent été au coeur de beaucoup de conférences et de débats, la génération « millenial » aurait-elle pris en otage les DSI en leur imposant de formater les méthodes de travail à leurs seules exigences. Une question pas si anodine posée par nos confrères de CIO.com. Un premier constat est dressé par Anthony Abbatiello, directeur du cabinet Russell Reynolds Associates, « les entreprises se sont focalisées ces dernières années sur la satisfaction de la génération millénial en oubliant les autres générations allant du Z aux baby-boomers ». Il reconnaît à la génération des travailleurs âgés entre 22 et 37 ans d'avoir imposé aux dirigeants une autre façon de travailler, mais ce changement ne doit pas virer à ce qu'il appelle « l'obsession millenial ». Certes, elle représente plus de la moitié du total des actifs au niveau mondial, mais pour Anthony Abbatiello, les entreprises doivent être suffisamment agiles pour s'adapter à l'ensemble des groupes démographiques, des plus jeunes à ceux proches de la retraite.

Des outils pour des personnes, pas pour des générations

Un constat partagé par le DSI du distributeur Walmart, Clay Johnson qui avoue avoir participé à la création du mythe de la génération millenial. Mais depuis quelques années, il adopte une autre approche en privilégiant des services technologiques basés sur la personne et non sur son appartenance à un groupe démographique. Ainsi, certains employés préfèrent utiliser Slack comme outil de productivité plutôt que Workplace by Facebook mis en place par la firme. Une segmentation naturelle s'est opérée explique le dirigeant, « les utilisateurs de Slack dans les équipes IT, les commerciaux et d'autres unités ont tendance à travailler sur des évènements ou des projets de manière chronologique, alors que les utilisateurs de Workplace s'y retrouvent pour générer des idées ». La mobilité est également encouragée pour les 2,3 millions de collaborateurs de Walmart, « en fin de compte, tout le monde est mobile », assure Clay Johnson.

Chez Adobe, le département IT a créé une structure de travail orientée vers la personne et indépendante de l'âge, témoigne la DSI Cynthia Stoddard. Cette équipe est composée de développeurs, d'ingénieurs et de facilitateurs et sont responsables du back-office technologique, mais jouent par ailleurs un rôle de relation client et de communication. « Les millénials ne sont pas apparus comme une dimension ou même comme une personne à part entière », répond-elle avant d'ajouter, « au sein des groupes de travail, l'essentiel est d'avoir les outils dont vous avez besoin pour que ces groupes soient efficaces ». Elle précise que de nombreux salariés non millenial sont doués sur la technologie et apportent de nouvelles idées. « Tout est une question de mixité et de diversité de pensées au sein de l'entreprise », reconnait Cynthia Stoddard.

PublicitéLa fin du mail et aller vers une dextérité numérique

La génération millenial a certes adopté les outils collaboratifs, mais elle reste très ancrée sur la messagerie électronique. La génération Z, qui englobe les personnes nées au début des années 2000, utilise très peu ou pas du tout la messagerie électronique. Elle privilégie des interactions avec Snapchat ou Facebook Messenger. « Je ne connais pas une seule personne de moins de 22 ans qui utilise le courrier électronique », confesse lapidairement Anthony Abbatiello. Le consultant évoque ici l'orientation de plusieurs entreprises de basculer sur messageries instantanées comme Slack ou Facebook Workplace pour supprimer l'email. Le courrier électronique serait banni de la communication interne à l'entreprise, en gardant sa valeur de preuve vis-à-vis de l'extérieur. On se souvient qu'Atos, il y a quelques années, sous l'impulsion de son dirigeant Thierry Breton avait prôné le zero mail en se tournant vers le collaboratif.

Ces changements impliquent selon Gartner d'installer au sein des entreprises « une dextérité numérique » qui comprend d'autres manières d'appréhender le travail en mobilité et en groupe. Si les salariés sont majoritairement des millenial, seulement 7 à 18% des entreprises possèdent cette agilité numérique, selon le cabinet d'analyses. Elles pourraient ainsi proposer des services de collaboration virtuelle depuis n'importe quel endroit.

Une chose est sûre, les DSI ne pourront pas appréhender ces évolutions sans le soutien et l'aide d'autres directions. En premier lieu, les ressources humaines sont un relais essentiel pour connaître l'appétence des recrues aux technologies. Les autres directions, CDO, CMO, etc. doivent travailler ensemble pour s'assurer que les salariés disposent d'outils performants pour collaborer et rester connectés. Enfin, les entreprises doivent éliminer des silos fonctionnels et s'aligner sur des outils et des processus communs.

Article de Clint Boulton/CIO.com (adapté et traduit par Jacques Cheminat)

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