DSI et blockchain : en phase de tâtonnement

Star des tendances technologiques, la blockchain séduit de plus en plus de DSI. Mais que comment appréhendent-ils cette innovation ? Nos confrères de CIO UK ont sollicité des responsables IT pour connaître leur approche sur ce sujet.
PublicitéCertains y pensent, d'autres l'ont mis sur leur agenda des priorités pour l'année à venir, la blockchain est devenue le buzzword au même titre que l'IA. Pour autant comment les DSI appréhendent cette technologie ? Nos confrères de CIO UK ont interrogé plusieurs responsables IT sur ce sujet.
Un certificat numérique pour les transactions financières
Barclaycard, établissement bancaire britannique, a démarré l'adoption de la technologie blockchain. Pour cela, elle s'est associée en décembre 2018 à la start-up Evernym, basée en Utah, dans le cadre d'un projet de SSI (self sovereign identity), un certificat numérique stocké sur une blockchain. Barclaycard étudie les prochaines formes de transactions. De plus, l'entreprise investit également dans l'IoT et le machine learning pour les prochains systèmes de paiement et la détection des fraudes. « Comme la création d'un parcours de paiement sans couture devient importante, l'intégration des technologies devient aussi de plus en plus essentielle », constate Keith Little, CIO de Barclaycard.
Une réponse à l'imprévu à l'aéroport
L'aéroport de Heathrow a récemment modernisé son IT et Stuart Birrell, le DSI est responsable de cette refonte. L'objectif est d'innover pour garder une longueur d'avance et atténuer les problèmes potentiels. Dans ce cadre, le responsable a initié un test de système d'identité numérique basé sur la blockchain. « Quand vous gérez un quart de million de passagers quotidiennement et que vous avez soudainement un problème, cela peut dégénérer très, très rapidement, comme nous l'avons vu lors d'incidents majeurs dans le passé. Nous voulons nous assurer d'avoir des plans d'urgence et de remédiation tant pour l'aspect technologique, que pour les activités métiers », souligne le DSI. L'aéroport a noué aussi un partenariat avec British Airways et SITA pour utiliser la blockchain pour synchroniser les données, partager les informations et délivrer les bons conseils aux passagers.
La traçabilité des produits alimentaires
Nestlé, Wallmart et Unilever sont quelques-unes des entreprises de l'agro-alimentaire prévoyant d'utiliser la blockchain pour aider à tracer l'origine des aliments lors d'une contamination. L'idée est de tenir un registre numérique des transactions et des informations sur l'origine, l'état et le transport des aliments. La blockchain peut réduire les risques de contamination en améliorant la réglementation en matière de sécurité alimentaire. Jane Moran, CIO d'Unilever, a déclaré lors d'une conférence que l'un des principaux objectifs stratégiques au cours de cette année est l'innovation technologique comme la Blockchain afin de donner un avantage concurrentiel à l'entreprise.
Une opportunité à ne pas négliger dans les transports
PublicitéL'industrie du transport et de la distribution regarde la Blockchain pour améliorer la circulation des données en stockant et gérant les informations en un seul point. Adam Gerrard, DSI de Yodel (transporteur de courrier anglais), encourage son équipe à chercher des opportunités pour la Blockchain et d'autres technologies dans le domaine des services de livraison. Il explique, « je pense que nous devons rester proches de ce que fait le marché, mais aussi des fournisseurs de technologies pour voir quelles sont les prochaines possibilités qui s'offrent à nous ». Il ajoute, « entre l'IA, la Blockchain, nous ne savons pas exactement lesquels seront les technologies de rupture, mais nous devons être proches de ces tendances quand elles vont décoller ».
Les administrations en pleine réflexion
Les services publics ne sont pas indifférents aux sirènes de la Blockchain. Prévention de la fraude, aide à authentifier le registre des citoyens, sont des pistes envisagées pour l'usage de la Blockchain. Récemment, un ministre avait indiqué que le gouvernement examinera la technologie Blockchain pour améliorer l'efficacité de l'argent des contribuables distribués sous formes de subventions pour favoriser la recherche et l'innovation. Mayank Prakash, DSI et en charge du digital auprès du département du travail et des pensions, observe que « la Blockchain a le potentiel de révolutionner l'échange de données entre les départements et pour les transactions financières grâce à des méthodes simples, performantes et sécurisées ».
L'assurance en mode Poc
L'une des premières industries à avoir adopté la Blockchain a été le secteur financier pour accélérer et simplifier les paiements internationaux. La majorité des systèmes bancaires repose sur des bases de données centralisées, donc les informations sont stockées en un seul et sont plus vulnérables à une cyberattaque. Pour Shirine Khoury-Haq, directrice des opérations de Lloyds of London, l'IA et la Blockchain sont les tendances technologiques qui auront le plus d'impact sur l'entreprise et plus globalement sur le secteur financier. Elle ajoute qu'elle s'engage régulièrement auprès des entreprises fintech et d'assurancetech pour trouver des réponses à des problématiques comme la sécurité.
Cette démarche s'inscrit dans le programme TOM (target operating model) où une équipe de recherche et d'innovation explore des projets affectant le fonctionnement du marché dans le futur. « TOM a mené trois PoC sur la blockchain pour fournir une meilleure information sur la façon dont la technologie fonctionne et identifier les applications disponibles sur le marché », confie la dirigeante. Elle a également parrainé une étude sur une application de smart contract (basé sur la blockchain) pour le marché de gros de l'assurance à Londres afin de rationaliser le traitement, la réduction des coûts, l'amélioration de l'expérience client, minimiser les risques et livrer de nouveaux produits.
Innover dans l'humanitaire
Les associations caritatives lorgnent aussi sur la blockchain pour montrer aux donateurs l'impact de leurs oboles. Le DSI de Save The Children, Karl Hoods est enthousiaste à l'idée de mettre en place une blockchain développée en collaboration avec le directeur de la protection de l'enfance. Ce dernier a lancé un PoC créant un « passeport humanitaire » pour « répondre plus rapidement au déploiement du personnel en cas d'urgence », déclare Karl Hoods.
Article écrit par Chloe Dobinson, traduit et adapté par Jacques Cheminat
Article rédigé par

La rédaction de CIO Royaume-Uni,
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