Comment Nîmes Métropole construit une ville numérique au service de ses citoyens


De la souplesse à l'agilité
Servir au mieux les métiers et les clients de son entreprise suppose que la DSI soit capable de suivre le rythme nécessaire du business. Cela passe, pour la DSI, par une focalisation sur les éléments essentiels et différenciateurs. Il lui faut savoir s'appuyer sur des partenaires capables de...
DécouvrirAu cours d'une matinée-débat organisée par le CPI-B2B, Cyril Yver, Directeur du Numérique de Nîmes Métropole, a apporté son témoignage sur la mise en place d'une démarche de Smart City au service des usagers.
PublicitéLe concept de la « Smart City » existe depuis une vingtaine d'années. Il s'agit d'utiliser les technologies numériques pour créer des villes intelligentes et connectées, au service de leurs habitants. Si les expériences les plus avancées se trouvent aujourd'hui en Asie, en France, de nombreuses initiatives se développent autour de ces concepts, aussi bien à l'échelle d'un village que d'une région, ou encore d'une agglomération comme Nîmes Métropole.
« Notre projet de ville intelligente a démarré dès 2003, avec la création de notre premier réseau en fibre optique », lance Cyril Yver, Directeur du Numérique de Nîmes Métropole. Invité du CPI-B2B (club de la presse informatique B2B), celui-ci est venu partager son expérience lors d'une visioconférence le 24 juin 2020. Il dirige actuellement la DSI mutualisée entre l'agglomération et ses 39 communes, mise en place avec la volonté de proposer des services innovants aux entreprises, aux communes et aux citoyens. « Notre DSI fonctionne un peu comme une Entreprise de Services Numériques. Nous commercialisons à travers nos partenaires notre réseau fibre optique et nous proposons une offre de conseil et d'infogérance, basée sur notre cloud, auprès des différentes communes, pour un chiffre d'affaires estimé à 5 millions d'euros pour 2020 », précise Cyril Yver.
Co-construction et confiance, deux facteurs essentiels
Depuis plusieurs années, l'agglomération de Nîmes développe une compétence sur le numérique, en particulier à travers ses actions d'aménagement du territoire. Depuis l'ouverture en septembre 2009 de son réseau d'initiative publique aux entreprises, cette dimension s'est encore accrue. « Nous cherchons à répondre aux besoins des usagers à travers les technologies », indique Cyril Yver. « Le champ d'action des Smart Cities est très large. Tout l'enjeu est de développer des services numériques qui répondent aux thématiques prioritaires du projet de territoire. » Pour Nîmes Métropole et la ville de Nîmes, territoires exposés à des risques naturels importants, il s'agit notamment d'assurer la sécurité des biens et des personnes. « Nous cherchons aussi à renforcer l'attractivité économique du territoire (la fibre étant un facteur majeur d'attractivité), ainsi que favoriser le bien-vivre sur le territoire, en travaillant notamment sur des enjeux comme la mobilité ou la qualité de l'air ». Enfin, en tant que collectivité, l'enjeu économique est également important, une attention particulière étant accordée à l'efficience du service. « La responsabilité des territoires est de se transformer dans une logique économique pertinente », insiste le Directeur du Numérique.
Ces services s'adressent à différents types de publics, qui tous sont les « clients » de la DSI : entreprises, habitants, communes... « Nous devons travailler avec ces clients en utilisant des outils digitaux pour co-construire un territoire », pointe Cyril Yver. La confiance est également un facteur essentiel dans le succès des initiatives numériques. Pour cette raison, la DSI travaille beaucoup sur tous les aspects de confidentialité et de sécurité des données.
PublicitéUn socle technique robuste et résilient
Comme toutes les grandes collectivités, Nîmes Métropole possède une volumétrie et une diversité considérable de données. Harmoniser la gestion de ces données fait partie des prérequis. « La mise en oeuvre d'une gouvernance des données au niveau du territoire est fondamentale », souligne Cyril Yver.
Construire de tels services nécessite aussi des fondations solides, tant au niveau des infrastructures que des systèmes. « Nous avons réfléchi dès 2003 au socle technologique de la ville. Celui-ci doit à la fois être sécurisé, résilient, garantir la confidentialité, être reproductible, évolutif et partagé sur le territoire » détaille Cyril Yver. Dans cette optique, plus un seul chantier n'est réalisé sur le territoire sans prévoir d'emblée la connexion des objets et équipements au réseau. L'agglomération a développé dès 2010 son Réseau d'Initiative Publique Gecko, premier opérateur fibre optique pour les entreprises et opérateur de services intégrés pour les collectivités. « Environ 700km de fibres sont déployés aujourd'hui, c'est le support de communication que nous privilégions. Le choix d'un seul et unique réseau de transport basé sur une approche SDN nous permet de gérer les applicatifs de façon différenciée sur le backend. » L'agglomération utilise également le Wi-Fi, le M2M et le réseau LoRaWAN en fonction des cas d'usage. Il y a trois ans, le territoire a également accueilli un datacenter écoconçu de proximité, le Neticenter (géré par la société Netiwan). « La complémentarité entre le réseau fibre et le datacenter a du sens. En tant que clients, nous utilisons ce datacenter pour stocker des données métier et critiques », indique Cyril Yver. Enfin, la DSI a également démarré son Cloud hybride avec du SaaS, du PaaS et du IaaS.
Des services alignés sur les priorités
Cette infrastructure permet aujourd'hui à l'agglomération de proposer de nombreux services différents. Parmi ceux-ci figurent par exemple des services de sécurité intelligents, avec environ 800 caméras HD ou 4K reliées au réseau qui collectent 2 Pétaoctets de données par cycle. Une technologie de recherche d'image basée sur l'intelligence artificielle permet d'accélérer la relève de faits, en se basant par exemple sur la couleur d'un véhicule ou le sens de circulation. L'agglomération a aussi mis en place des capteurs couplés à des systèmes experts pour surveiller le risque d'inondation, un dispositif de pilotage de feux tricolores, avec des « ondes vertes » pour fluidifier la circulation ou encore un « bouclier » pour le centre-ville, qui délimite une zone piétonne avec des bornes pilotées à distance, intégrant la reconnaissance automatique des plaques minéralogiques des riverains. D'autres exemples concernent la mobilité, avec une application mobile indiquant en temps réel la disponibilité des parkings, ou encore la billettique. « Nous avons également déployé de nombreux services destinés à l'éducation, comme des tableaux blancs connectés », décrit Cyril Yver, précisant que 100% des écoles du territoire sont reliées en fibre optique. L'objectif est d'aller vers un territoire piloté de façon centralisée. Cette vision repose sur les technologies, mais elle nécessite également une organisation qui doit être plus transverse, prévient le Directeur du Numérique. « Aujourd'hui nous disposons de toutes les briques, sauf la couche technique pour interfacer les différents systèmes métiers, dont le déploiement est prévu pour le nouveau mandat ».
Revenant sur l'extrême diversité des services possibles dans le cadre des Smart Cities, Cyril Yver rappelle la nécessité d'évaluer leur adéquation aux attentes et aux pratiques locales. « Nous avons fait un Proof Of Concept sur le guidage à la place de stationnement qui ne s'est pas révélé pertinent. Il faut aussi savoir refuser les services qui ne sont pas vraiment adaptés à notre contexte », souligne-t-il. « Je crois beaucoup dans la démarche qui place l'usager client au centre du jeu. L'automatisation doit s'effacer au profit du service que l'on va rendre, qui doit être très personnalisé, rapide et qualitatif, sans oublier d'être efficient ».
Article rédigé par

Aurélie Chandeze, Rédactrice en chef adjointe de CIO
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