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Comment Maisons du Monde a fait du cloud un moteur de croissance

Comment Maisons du Monde a fait du cloud un moteur de croissance
Guillaume Apostoly, DSI groupe Maisons du Monde : « GCP est la pierre angulaire pour échanger l’information en temps réel et interconnecter systèmes et données. »

Le groupe d'ameublement Maisons du Monde s'appuie sur la plateforme cloud de Google pour accélérer sa transformation numérique. Son DSI, Guillaume Apostoly, raconte comment l'entreprise a réalisé cette transition et mis le cloud au service de sa croissance.

PublicitéChaîne d'ameublement et de décoration française, Maisons du Monde a basculé sur le cloud en quelques années, choisissant de regrouper sur Google Cloud Platform (GCP) ses applications stratégiques. Aujourd'hui, la plateforme contribue directement à la croissance de l'entreprise, facilitant et accélérant des initiatives numériques à forte valeur.

« Quand je suis arrivé dans le groupe en 2015, comme DSI digital et e-commerce, beaucoup était à faire : les données étaient peu exploitées, l'IT était encore perçue comme un centre de coût », se souvient Guillaume Apostoly, aujourd'hui DSI groupe. Celui-ci a introduit une culture agile et restructuré le digital, avec succès. En 2017, l'entreprise décide de passer au cloud, afin de gagner encore en agilité. « Nous avons commencé par les données, d'abord sur la partie e-commerce, et rapidement nous avons choisi de mettre en place une plateforme data nativement cloud pour l'ensemble du groupe », explique Guillaume Apostoly. Pour ce projet, Maisons du Monde a opté pour Google BigQuery, appréciant la simplicité et l'accessibilité du service. Cette plateforme a permis à l'entreprise de rapprocher ses « small data », auparavant éparpillées dans différents systèmes : base clients, historique des stocks, commandes en ligne et hors ligne... Le premier projet réalisé consistait à prédire la charge générée par les commandes en ligne sur les entrepôts. Cette approche agile, centrée sur les usages, a permis de montrer rapidement la valeur des données et du cloud. « Les métiers ont compris que cela pouvait les aider à résoudre leurs problèmes », observe Guillaume Apostoly.

Le cloud comme levier pour faire circuler l'information

Profitant de la reconnaissance acquise avec la première étape, qui a bénéficié à l'ensemble de la chaîne de valeur, la DSI a lancé une deuxième étape dans la foulée. « Nous souhaitions nous appuyer sur le cloud pour notre croissance digitale, car nous avions un besoin fort de scalabilité, en vue notamment du développement de notre plateforme omnicanale », confie Guillaume Apostoly. Fin 2017, celui-ci devient DSI groupe, fonction créée pour piloter l'ensemble de l'IT : digital, supply chain, données... À cette occasion, il rejoint également le comité exécutif, montrant la volonté du groupe de mettre l'IT au coeur de sa transformation. La DSI engage alors une restructuration de l'ensemble du système d'information autour de GCP, en mettant en place une architecture orientée messages basée sur le service Pub/Sub. « Notre but était de permettre à l'information de circuler entre les différents systèmes et de la mettre à disposition de tout le monde », indique le DSI. Grâce à cette architecture, les équipes ont connecté les systèmes back et front-office, permettant par exemple à l'outil de gestion d'entrepôts (WMS) d'irriguer en temps réel le site et le centre d'appels clients.

PublicitéÀ la suite de cette refonte, la DSI a entamé une transition globale vers le cloud. « Tous les nouveaux projets sont aujourd'hui centralisés dans GCP ou dans des solutions SaaS intégrées avec la plateforme. En parallèle, nous poursuivons la migration de nos outils Legacy, en profitant notamment du partenariat de Google avec VMware et de Google Kubernetes Engine (GKE) », détaille Guillaume Apostoly. La DSI a prévu un schéma directeur sur trois ans pour encadrer la transition. Celui-ci détaille la cible pour l'ensemble des briques du parc applicatif : grand import, distribution, logistique... Pour chaque composant, il s'agit soit de le remplacer par un outil SaaS équivalent, soit de le porter dans le cloud en mode lift & shift, soit de faire un développement ad hoc ou enfin de le décommissionner. La priorité est mise toutefois sur les projets qui améliorent directement certains processus clefs de l'entreprise. Le groupe a par exemple construit dans le cloud la gestion en temps réel des stocks ou sa base clients unique. Ces composants sont ensuite intégrés avec les outils legacy plus monolithiques, comme le WMS ou le système de gestion des caisses. « La migration complète de toute notre IT reste à venir, mais nous avons déjà gagné considérablement en agilité », pointe le DSI. « Il fallait par exemple jusqu'à 10 heures auparavant pour descendre une commande web dans nos entrepôts, alors que cela prend quelques instants seulement aujourd'hui. »

Construire une expérience client fluide

La majorité des applications essentielles pour la croissance du groupe sont désormais dans le cloud. Ce mouvement s'est poursuivi en 2020, malgré la crise sanitaire. Maisons du Monde a ainsi lancé en novembre 2020 sa place de marché omnicanale. « D'un catalogue évoluant quatre fois par an, au rythme de nos collections, nous sommes passés à une offre qui évolue en permanence, alimentée en temps réel par plus de 400 marques partenaires », décrit Guillaume Apostoly. La transformation enclenchée avant la pandémie a d'ailleurs aidé l'entreprise à faire face à cette dernière, avec un montant de ventes 2020 proche de celui de l'année précédente. « Lors du second confinement, grâce à notre gestion des stocks en temps réel et au click & collect, nous avons pu traiter une part significative des préparations de petits produits en magasin, conservant ainsi un lien entre nos clients et nos conseillers vendeurs », illustre le DSI. Durant cette période, le site e-commerce a connu des pics de trafic 10 fois supérieurs aux niveaux habituels. Désormais, le groupe s'attache à augmenter l'exploitation des données, ainsi qu'à développer de nouveaux cas d'usage, comme des recommandations de produits basées sur la reconnaissance d'image, ou un score de performance produit omnicanal qui supprime les biais liés à l'exposition en magasin. « Nous cherchons aussi à créer une expérience client la plus fluide possible, quels que soient les points de contact », indique le DSI, évoquant par exemple l'usage du mobile pour récupérer une livraison en magasin, retrouver un panier d'achats constitué en ligne ou même payer. Ce modèle « phygital » répond au besoin d'autonomie des clients, tout en leur permettant de bénéficier des conseils des vendeurs en magasins.

Parmi les facteurs qui ont facilité la transformation, le DSI mentionne l'équipe dirigeante, acculturée avec le digital de longue date. « Il est très important de porter les aspects IT et data au sein du comité exécutif : cela me permet d'avoir une vraie vision stratégique de l'entreprise et d'échanger avec chacun des membres du Comex, afin de bien comprendre leurs problématiques », estime le DSI. Autre facteur de succès, l'usage d'un socle commun. Qu'il s'agisse de développer une nouvelle brique ou d'intégrer des solutions tierces, les 250 collaborateurs internes de la DSI utilisent le framework construit autour de GCP. « Qu'elles travaillent sur les données, le digital, les systèmes core IT ou la supply chain, toutes les équipes s'appuient sur le même framework, qui interconnecte les différentes briques. Cela facilite la collaboration au sein de l'IT, mais aussi avec les métiers », souligne Guillaume Apostoly. Le choix de GCP s'avère également un facilitateur pour la formation des nouveaux collaborateurs. « Beaucoup des services proposés ont des origines open source, ils permettent aux équipes de parler un langage commun. Ils sont également assez simples à utiliser, ce qui accélère l'onboarding », souligne le DSI. Enfin, le groupe veille à optimiser les coûts associés au cloud, les équipes infrastructure travaillant avec celles de Google pour faire le meilleur usage des budgets disponibles. « Meilleure une entreprise est sur FinOps, mieux se passe la transformation », résume Guillaume Apostoly.

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