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Carrefour teste la blockchain pour la traçabilité alimentaire

Carrefour teste la blockchain pour la traçabilité alimentaire
Emmanuel Delerm, directeur organisation et méthodes de Carrefour France, multiplie les tests de blockchains pour la traçabilité alimentaire.

La traçabilité de la purée Mousline de Nestlé est désormais assurée pour Carrefour avec la blockchain IBM Food Trust. Cette expérimentation est sur une logique différente de celle menée pour la « filière qualité Carrefour ».

PublicitéLe distributeur Carrefour teste une nouvelle fois la blockchain pour assurer une traçabilité de produits alimentaires. Cette fois, il s'agit de la purée Mousline, de Nestlé, avec la blockchain IBM Food Trust. Cette expérimentation est une double originalité pour Carrefour : le produit est issu d'une marque tiers et la blockchain est elle aussi externe. Par ailleurs, comme il ne fallait pas modifier les chaînes de production de paquets de purée, l'identifiant est commun à l'ensemble d'un lot de fabrication (plusieurs heures de fabrication d'une usine avec des conditions constantes de production).

« En testant une telle traçabilité pour Carrefour spécifiquement avec un produit de tiers, nous avons mené un travail à trois (IBM, Carrefour et Nestlé) dans le but de vérifier qu'un tel travail est applicable à tous les industriels travaillant avec divers distributeurs » explique Emmanuel Delerm, directeur organisation et méthodes de Carrefour France. Il ajoute : « une telle traçabilité a pour but de donner confiance aux consommateurs. »

Chacun est responsable de l'information qu'il partage

Ce projet se différencie donc nettement des tests précédents. Carrefour a déjà mis en place une traçabilité par blockchain sur une quinzaine de produits « Filières Qualité Carrefour » comme les poulets d'Auvergne, du fromage de Rocamadour, du merlu, etc. A terme, d'ici 2020 en principe, ce sont les 400 produits de cette gamme qui seront concernés. Cette traçabilité concerne donc des produits dont l'ensemble de la filière de production est sous le contrôle et au bénéfice exclusif de Carrefour, même si la fabrication est opérée par des fabricants tiers. Et elle utilise une blockchain sous Hyperledger (même technologie open-source de la Fondation Linux que IBM Food Trust) avec des développements et une intégration internes à Carrefour. Chaque article unitaire possède un identifiant unique dans cette implémentation.

Pour Emmanuel Delerm, la blockchain a comme avantage d'être communautaire en plus d'être sécurisée et résiliente. « Chacun est responsable de l'information qu'il publie pour tous » souligne-t-il. A l'inverse, une base centrale serait nécessairement sur un seul hébergement et aurait une dimension autoritaire moins sympathique.

Une traçabilité par lot augmentée par le géo-tracking

Dans le cas de Mousline, chaque opérateur sur la chaîne logistique va également publier l'information du passage de paquets dans la blockchain, cette fois celle d'IBM, IBM Food Trust, qui n'est pas réservée à cet usage là mais est employée par d'autres industriels et d'autres distributeurs. Un lot donné est éclaté entre deux entrepôts, l'un dans le Sud et l'autre dans le Nord de la France, desservant chacun une moitié du pays. Chaque magasin Carrefour est ensuite desservi par un entrepôt et un seul. Un paquet donné, s'il pose problème, peut donc être clairement identifié dans son cheminement complet malgré le fait qu'il n'est identifié que par un numéro de lot. A l'inverse, on peut redescendre sur tous les paquets concernés par l'incident à partir du point source du problème.

PublicitéDepuis Octobre 2018, la blockchain IBM Food Trust possède dans ses membres fondateurs Nestlé et Carrefour et tous deux publiaient déjà des informations dans cette blockchain. Cependant, les noeuds de registre ne sont actuellement détenus que par IBM, en divers points du globe. Mais Emmanuel Delerm précise : « d'ici la fin de l'année, il y aura un vrai registre distribué chez Carrefour, Nestlé et les autres membres. » Pour l'heure, cette blockchain n'en est donc pas vraiment une, au sein communautaire du terme, même si chaque adhérent peut y injecter des données et dispose d'un frontal pour consulter les informations stockées. IBM étant hébergeur, chacun encrypte ses données avec ses propres clés avant de les injecter dans la chaîne de blocs, pouvant gérer une confidentialité de totalement public à totalement privé en passant par une confidentialité communautaire.

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