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Blockchain : des pilotes prometteurs

Blockchain : des pilotes prometteurs
Prasanna Gopalakrishnan, ancienne DSI de Boston Private, a testé la blockchain via les smart contracts. (Crédit Photo : DR)

Au même titre que l'intelligence artificielle, la blockchain est une technologie en devenir. CIO donne la parole à des DSI qui ambitionnent de l'installer pour établir un lien renforcé de confiance.

PublicitéLa blockchain tout le monde en parle, mais peu de monde en fait réellement. Pourtant les analystes sont dithyrambiques sur le sujet et les entreprises y pensent. Ainsi pour Deloitte qui a interrogé 1000 dirigeants, 34% des entreprises utilisent la blockchain pour la production. 41% des sondés s'attendent à ce que leurs organisations déploient cette technologie au cours des 12 derniers mois. Pour IDC, la blockchain est une martingale en prévoyant des dépenses de la part des sociétés de 2,1 milliards de dollars cette année et dépasseront 9,7 milliards de dollars d'ici 2021. Un tableau idyllique entaché par quelques ombres au tableau :Forrester Research estime que 90% des pilotes sur la blockchain seront abandonnés ou restreints. Pour autant, certains pilotes sont prometteurs comme l'indiquent nos confrères de CIO.com.

Elimination des coûts de back-office

Ricoh, le spécialiste de l'impression, explore « les façons d'utiliser la blockchain pour aider sa supply chain et ses processus de location, dans le cadre d'une transformation digitale plus vaste initiée par la société pour moderniser ses activités », explique Kris Rao, DSI de Ricoh. Actuellement, quand les vendeurs de Ricoh passent une commande, ils enclenchent plusieurs actions dans le système d'engagement et de chaîne d'approvisionnement. Les bons de livraison sont générés, les photocopieurs sont expédiés via UPS. L'ERP de Ricoh envoie ensuite une facture à l'acheteur. Il s'agit d'une version raccourcie du cycle d'achat et de livraison.
Kris Rao souligne que « Ricoh réfléchit à la façon dont la blockchain, en particulier l'écosystème d'Hyperledger Open Source, pour centraliser l'ensemble du processus de commande, de traitement et de paiement ». Dans l'idéal, Ricoh pourrait réduire ou supprimer des coûts de back office en passant par la blockchain. Le DSI croit fermement que les clients se baseront sur Hyperledger pour rendre les échanges plus performants dans les cinq prochaines années. Cependant, Ricoh est confronté à quelques problématiques comme la notion de performance. L'entreprise travaille donc à l'optimisation de la performance de Hyperledger Fabric (un projet soutenu par la Linux Foundation). Enfin, elle doit résoudre des conflits d'interopérabilités liés à des technologies disparates. Un point important pour le développement plus général de la blockchain, constate le cabinet Deloitte.

Les « smart contracts » pour les services financiers

Chez Boston Private, une société de gestion de patrimoine, Prasanna Gopalakrishnan, CDO et CIO, à l'époque de l'interview, teste les « smart contracts » basés sur la blockchain pour rendre les transactions financières plus efficaces et fiables. La firme contrôle le noeud de la blockchain, imposant les autorisation aux courtiers, les clients et les autres parties du système. Actuellement, les transactions financières sont réalisées par des prêteurs et des courtiers de manière rigoureuse et gourmande en papier. « Une application blockchain qui facilite des Smart Contracts peut aider à alléger le besoin en paperasse associé aux approbations de lignes de crédit, qui in fine accélère le traitement des contrats », a déclaré Prasanna Gopalakrishnan, lors du symposium CIO du MIT Sloan. Elle conseille les DSI d'établissements financiers tentés par l'aventure de le tester sur un cas pratique avant de le présenter aux autres directeurs de division. « Vous devez obtenir l'adhésion des partenaires métiers et comprendre les problèmes métiers que vous essayez de résoudre, ce qui permettra de connecter les résultats opérationnels et la valeur apportée », poursuit le dirigeant avant de résumer avec humour sa pensée, « pensez en prenant le point de vue de tout le monde dans l'écosystème et assurez-vous qu'il y a de la valeur ».

PublicitéEn attente de standards pour la logistique

UPS comprend une équipe dédiée à l'étude d'impact de la blockchain sur la logistique, précise Linda Weakland, directrice de l'architecture d'entreprise et de l'innovation. Elle voit dans cette technologie un moyen de supprimer des processus manuels comme les formalités douanières. Un tel système pourrait aider UPS à « moderniser l'ensemble de la pratique et à être plus rapide que ce que nous faisons », ajoute la dirigeante. Elle précise que la technologie blockchain améliorera également la justesse des transactions et réduira les coûts de certains actifs comme les conteneurs d'expédition. Pour accéder au potentiel de la blockchain, il faut l'adopter sur l'ensemble de la supply chain. A cette fin, UPS a rejoint la Blockchain in Trucking Alliance (BiTA), qui élabore des standards pour l'industrie du fret. Pour Linda Weakland, ces standards pourraient aider UPS et ses partenaires à partager les données entre les différents projets de blockchain, ce qui est difficile à réaliser actuellement. UPS considère que la blockchain fait partie intégrante de son réseau Smart Logistics Network, comprenant également d'autres technologies comme l'IoT, la robotique, l'IA et le machine learning.

La traçabilité alimentaire en bonne voie

Le lien de confiance dans l'alimentation est essentiel pour la grande distribution. Elle s'intéresse donc à la blockchain. C'est le cas de Driscoll's, connu pour vendre des fraises, des framboises, des myrtilles ou des mûres aux grands acteurs de la distribution comme WalMart, Stop & Shop, Whole Foods,.... La firme comprend plus d'une douzaine de producteurs et travaille avec IBM pour utiliser la blockchain pour assurer la traçabilité des produits en cas de contamination. Un moyen pour éviter d'être montrer du doigt, avoue Tom Cullen, DSI de Driscoll's, à l'époque de l'interview. La blockchain peut relater l'ensemble des données de l'activité logistique et fournit une mine d'informations pour la traçabilité des produits. « Ce qui nous intéresse, c'est que l'origine du fruit et les certifications sont intégrées dès le début de la logistique », explique Tom Cullen. Driscoll's utilise actuellement des capteurs Bluetooth-GPS pour surveiller les températures au sein des glacières d'expédition. Ainsi, si un chauffeur de camion au Mexique provoque une rupture de la chaîne du froid, Driscoll's le saura. Mais cela n'aidera pas la société à suivre des lots en cas de contamination. En enregistrant les codes-barres des palettes et des conteneurs, la blockchain peut suivre les fruits jusqu'à une récolte spécifique et donc d'identifier exactement l'origine des fruits. « C'est immuable et ne peut pas être modifié, de sorte que quand vous remonter la chaîne d'approvisionnement, vous pouvez avoir confiance dans les données », constate le DSI.

Article de Clint Boulton/CIO.com (traduit et adapté par Jacques Cheminat)

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