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S/4 Hana : une adoption progressive freinée par le licencing SAP

S/4 Hana : une adoption progressive freinée par le licencing SAP
Claude Molly-Mitton, président de l'USF, a commenté les résultats de l'étude S/4 HANA le 29 juin 2016.

L'USF (association des Utilisateurs SAP Francophones) a fait réaliser une étude auprès des grandes entreprises (dont plus de la moitié du CAC 40 et du tiers du SBF 120) pour connaître leur perception de SAP S/4 Hana et leurs intentions en matière de migration. La politique commerciale de SAP se révèle être un frein mais l'image de S/4 Hana est plutôt positive. Les résultats ont été présentés le 29 juin au cours d'une soirée. CIO reviendra prochainement sur celle-ci à travers une interview du président de l'USF.

PublicitéLa troisième Soirée DSI organisée par l'USF (association des Utilisateurs SAP Francophones) a eu lieu le 29 juin 2016 à l'Aéro-Club de France à Paris comme annoncé précédemment dans nos colonnes. Président de l'USF, Claude Molly-Mitton y a commenté les résultats de l'enquête menée sur SAP S/4 Hana auprès des entreprises membres de l'USF par TNS Sofres. Globalement, les résultats sont plutôt positifs pour SAP même si certains points noirs demeurent.
L'enquête a été réalisée en ligne du 1er avril au 2 juin 2016 et les résultats ont été anonymisés par TNS Sofres. Elle était incluse dans l'édition 2016 de l'enquête générale de satisfaction sur SAP menée tous les deux ans par l'USF et dont les résultats complets seront révélés lors de la Convention Annuelle de l'USF, les 12 et 13 octobre à Nancy. 210 entreprises ont répondu dont 22 du CAC 40 (55% des 40 plus grandes cotations à Paris), 42 du SBF 120 (35% du total) et 28 entités publiques.

SAP reconnu comme visionnaire



Pour commencer, l'enquête révèle une divine surprise pour l'éditeur. Oui, les entreprises voient en SAP un visionnaire ! 72% des répondants ont une opinion positive du caractère visionnaire de la stratégie SAP S/4 Hana ! Les détracteurs de SAP se réduisent à la portion congrue : 7,4% !
Nous allons voir que SAP est globalement apprécié pour sa vision et sa stratégie. Mais, dès que l'on rentre dans les détails pragmatiques et les intentions réelles de mettre en oeuvre, les choses se gâtent...

La stratégie est jugée adaptée au marché



En effet, quand on interroge les entreprises sur l'adéquation au marché de la stratégie SAP, encore une fois, les avis sont très positifs. Même si les détracteurs sont ici un peu plus nombreux (9,2%) et les adorateurs un peu moins (3%), 59% des avis sont positifs sur cette adéquation.
La plus grosse progression est celle des avis mitigés. On passe en effet d'une généralité technologique et théorique à, déjà, une attente pragmatique. Les avis deviennent déjà moins positifs, même s'ils demeurent majoritairement favorables.

Un niveau d'information insuffisant



PublicitéLà, les choses commencent à se gâter pour l'éditeur. Le niveau d'information sur les fonctionnalités couvertes ou non par SAP S/4 Hana est jugé négativement. 37% d'avis nettement négatifs et 41% d'avis mitigés ! Moins d'un quart des répondants ont une opinion positive du niveau d'information.
De toute évidence, SAP a besoin d'informer davantage et surtout de rassurer ses clients. Ceux-ci réalisent des investissements sur les produits de SAP et ils se demandent si ces investissements auront encore du sens dans peu de temps, lorsque la bascule vers S/4 Hana ne sera plus un choix mais une obligation (sauf à abandonner SAP, bien sûr).

La Bérézina du licencing



Voici le plus mauvais score de l'enquête. 53% des utilisateurs de SAP ont un avis très négatif sur le niveau d'information sur le modèle de licences (ou de droits d'usage) de S/4 Hana. Les avis positifs ne représentent même pas une entreprise sur dix !
Une telle opinion n'est cependant pas surprenante. Les conflits endémiques entre SAP et ses clients sur les contrats, la maintenance, le licencing... se traduisent ici dans un chiffre digne d'une retraite de Russie. Si les produits, la stratégie technologique ou la vision stratégique sont plébiscités, l'éditeur continue de souffrir de son attitude commerciale hostile envers ses clients.

Un impact métier peu maîtrisé



Le niveau d'information sur les impacts et opportunités sur les processus métier et l'organisation sont méconnus par une majorité d'entreprises. Les avis négatifs sont légèrement supérieurs aux avis positifs mais sans que la différence soit colossale.
S/4 Hana est encore bien trop vu comme une transformation technique et non pas comme une opportunité de moderniser et rationaliser les process métiers. Certes, on peut en attendre des bénéfices sur la réactivité, l'agilité, etc. On peut aussi anticiper qu'une plus grande rapidité d'exécution des traitements rendra ceux-ci plus pertinents donc plus nombreux avec des bénéfices métiers certains. Mais tous ces bénéfices métiers restent encore trop nébuleux. Sans aucun doute les retours d'expérience des premiers clients ayant migré seront des éléments guettés avidement par les entreprises.
Deux grands clients ont d'ailleurs témoigné lors de la soirée du 29 juin 2016, Elior et Vinci Energies. Nous y reviendrons.

Une migration vers S/4 Hana progressive



La dernière question posée par l'USF sur le sujet de S/4 Hana est probablement celle que l'éditeur attendait le plus avec impatience. Les entreprises ont -elles été séduites ? Sont-elles prêtes à migrer vers S/4 Hana ?
En gros, il existe trois blocs à peu près équivalents. Le premier n'envisage pas pour l'instant de migration (38%). Sans doute une remise à plat du système d'information est-elle à l'étude ou, en tous cas, une remise en cause des choix opérés antérieurement à l'occasion d'une refonte qui sera de toutes les façons obligatoire. Si l'on doit changer, pourquoi rester forcément chez le même éditeur ? Et puis le manque d'information tant sur la couverture fonctionnelle que sur le licensing (voir résultats précédents de l'enquête) et plus encore sur le ROI ne militent pas pour envisager sereinement une telle migration. Le deuxième bloc (34%) envisage d'ailleurs bien une migration, mais après 2018, une fois que d'autres auront d'abord essuyé les plâtres. Enfin, le troisième bloc (27%) envisage une migration à court ou moyen terme, en 2018 au plus tard. Autant dire que les entreprises de ce bloc sont déjà en train, au moins, d'amorcer leurs travaux. 5% sont même déjà en train de migrer une partie de leur SI.

La bascule vers S/4 Hana : ni précipitation ni rejet

Pour Claude Molly-Mitton, les résultats marquent une certaine retenue mais sans refus de migrer : « il s'agit de ne pas se précipiter, il n'y a pas d'adoption massive pour l'instant ce qui est logique tant il nous manque encore d'information sur la couverture fonctionnelle de S/4 HANA et plus encore sur le coût et sur l'effort global qu'il va être nécessaire de mettre sur la table, mais il n'y a pas de rejet non plus et certains, en fonction de la situation de leur Système d'information et de leurs objectifs métier, n'hésitent plus à saisir cette opportunité. C'est encourageant, nous devrions disposer dans les mois à venir de nombreux retours d'expérience qui permettront je l'espère d'y voir un peu plus clair...»

CIO reviendra prochainement sur la soirée elle-même par le biais d'une interview du président de l'USF.

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